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Politique | Le NPA s'attaque à Lyon |

08/04/2009

Le NPA s'attaque à Lyon

260, c’est le nombre d’adhérents revendiqués par le NPA lyonnais, le Nouveau Parti anticapitaliste d’Olivier Besancenot qui, selon certains sondages, pourrait dépasser les 10% aux prochaines européennes. Avec, à leur tête, une débutante, Myriam Duboz. Portrait.

La trentaine, yeux bleus, cheveux châtains avec queue-de-cheval, jean et baskets... Myriam Duboz passe inaperçue. Pas de keffieh pour marquer sa solidarité avec le peuple palestinien, pas de tee-shirt du Che pour souligner son idéal révolutionnaire ! On est loin de l’image du militant d’extrême-gauche, prêt à couper la tête du premier patron venu. Et dans le discours, même tendance : pas de grande tirade apprise par cœur sur la révolution. C’est à peine si elle peut ressortir un petit couplet sur ces entreprises qui exploitent les travailleurs, les virent sans état d’âme avec un seul objectif : faire le maximum de profit. C’est à se demander si elle est capable de chanter l’Internationale !

Pourtant, Myriam Duboz vient d’être nommée porte-parole du NPA du Rhône, l’ex-Ligue communiste révolutionnaire. Un mouvement trotskiste créé dans les années 1970 par Alain Krivine et dirigé ensuite par le très médiatique facteur Olivier Besancenot.  Mais elle assume : “Je sais que c’est une lourde responsabilité mais on m’a poussée vers cette fonction. Et je ne suis pas seule”, explique-t-elle. Pourtant, rien ne prédestinait cette jeune femme à s’engager dans cette mouvance d’ultra-gauche. Née en 1977 à Ivory, un petit village du Jura, elle est la cadette d’une famille de deux enfants. Ses parents sont agriculteurs, “donc plutôt conservateurs”, précise-t-elle. A 18 ans, elle débarque à Lyon pour suivre des études de théâtre. Mais après un Deug, elle décide de tout plaquer pour partir un an en Martinique où elle rejoint des amis. Pas forcément révoltée par la situation des Antillais, elle sera quand même marquée par le coût de la vie, le fort taux de chômage et les programmes scolaires inadaptés.

A son retour, elle reprend ses études et décroche une licence. Puis enchaîne les petits jobs : ménage, instituts de sondage, garde d’enfants... La galère. Mais après un concours, elle décroche un poste de bibliothécaire à Vaise puis au Bachut dans le 8e arrondissement où elle travaille encore aujourd’hui.
Plutôt de gauche sans être militante, elle va participer en 2007 aux grèves dans les bibliothèques lyonnaises contre le manque de moyens et de personnel. Et là, c’est la révélation. Myriam Duboz rédige des tracts, organise des réunions... “J’ai compris qu’il fallait qu’on se prenne en main et surtout que l’action collective pouvait changer les choses...” Du coup, elle rejoint la CGT. Et poussée par des amis, elle participe à des réunions publiques de la LCR qui prépare les élections municipales. “J’ai immédiatement partagé leur analyse”, raconte-t-elle. Une conviction renforcée par l’élection de Nicolas Sarkozy.

Liberté de parole

Progressivement, cette célibataire sans enfant va prendre des responsabilités dans la construction du NPA. Car la LCR veut s’ouvrir et rassembler la gauche de la gauche autour d’un thème fédérateur : l’anticapitalisme. En février dernier, Myriam Duboz participe même au congrès national fondateur, avec trois autres Lyonnais (voir encadré). Et c’est finalement elle qui est nommée porte-parole à Lyon fin mars. Mais elle ne se met pas la pression. “Au NPA, tout est collectif. On débat énormément... Mais ce ne sont pas ceux qui parlent le plus fort qui sont forcément écoutés. Et surtout, chacun garde sa liberté de parole...”

Un état d’esprit assez caractéristique, au fond, des nouveaux militants du NPA. Des pragmatiques plus que des idéologues. Des révolutionnaires du quotidien plus que des adeptes du Grand Soir. Ce sont des syndicalistes, des militants associatifs, des étudiants, des retraités... Presque toujours, des déçus de la politique et de la gauche. Et pour la plupart, c’est leur premier engagement politique. Ils viennent parfois du PS et du PC. Mais ils ont un point commun : le refus des alliances électorales avec la gauche institutionnelle.

Une nouvelle vague qui a permis de multiplier par quatre le nombre d’adhérents par rapport à la LCR. Pour atteindre 260 militants à travers les 12 collectifs du département. “Une grande bouffée d’air” pour Gérard Vaysse, un ancien de la Ligue qui ajoute : “On en rêvait depuis longtemps.” Alors que Nicolas Tasso, nouvel adhérent, renchérit : “On a été très bien accueillis par les anciens.”

Pourtant, ce nouveau parti ne fait pas encore l’unanimité. Le Parti communiste mais aussi Unir, une des composantes de la LCR, le Parti de gauche de Mélenchon et la Fédération altermondialiste lui reprochent son refus des alliances. “Une démarche unitaire qui était encore possible il y a trois ans à Lyon”, précise Marylène Cahouet, de la Fédération altermondialiste, qui ajoute : “La LCR locale était plus ouverte mais elle est rentrée dans la ligne Besancenot qui veut partir seul...”

Le tremplin des 10%

Les prochaines élections européennes auront donc valeur de test. En 2008, l’alliance aux municipales entre la LCR, les militants de la Décroissance et les altermondialistes leur avait permis de dépasser les 5 % à Lyon, avec des pics à 13 % et 8 % dans le 1er et 4e arrondissement. Reste à savoir si les “débutants” du NPA pourront faire mieux aux européennes. Alors que certains sondages annoncent déjà que le NPA pourrait atteindre les 10 %, ce qui constituerait un sacré tremplin pour les prochaines municipales.
Même si ces militants de l’ultra-gauche relativisent déjà : “Les élections, ce n’est pas décisif pour nous. C’est surtout une occasion de faire passer nos convictions, surtout en période de crise”, conclut Myriam Duboz qui commence, en tout cas, à devenir une pro de la communication.

Maud Guillot
m.guillot@mag2lyon.com

Commentaire

Jean

Ah ah ce drapeau rouge, qui défilait contre les jeunes venus parler Europe le 23 avril dernier ca me rappelle quelquechose... voir les vidéos des jeunes excités du NPA sur http://www.ump2009.eu/caravane LE NPA : (nulle part et ailleurs)

Battling

Cela dit le NPA qui parle d'Europe, il ya de quoi se fendre la poire, c'et mieux qu'un spectacle comique.

Kérozen

Tiens, le Club NPA ouvre ses portes à Lyon ? On va faire la fête avec DJ Besancenot ! Yeah !
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