26-08-2009

Richard Morales : “Le PS doit choisir entre le Modem et le PC”

Le leader du Modem à Villeurbanne est choqué que la centriste Marielle de Sarnez  se soit affichée aux côtés du communiste Robert Hue lors des rencontres de l’Espoir à gauche, organisées le week-end dernier à Marseille par le socialiste Vincent Peillon.

Vous êtes allé à Marseille aux rencontres de l’Espoir à gauche ?
Richard Morales : Non. J’avais envisagé de me rendre à cette réunion mais quand j’ai appris que le communiste Robert Hue serait présent, j’ai préféré m’abstenir.
Qu’est-ce qui vous choque dans la présence du PC ?
Les valeurs du Parti communiste sont complètement aux antipodes de celles du Modem que ce soit en matière sociale, environnementale ou économique. Le libéralisme, par exemple, c’est une injure pour les communistes. Au contraire, pour le Modem, la liberté d’entreprendre est un facteur d’évolution de la société même s’il faut encadrer certaines pratiques par la loi pour respecter des exigences sociales.
Mais le Parti communiste est un allié historique du PS !
Un allié historique qui ne me semble plus d’actualité !
Vous croyez que le Modem a les moyens d’exiger du Parti socialiste qu'il lâche le PC ?
Il faudra bien. Le PS doit choisir entre le Modem et le PC. S’il s’agit de reconstruire le programme commun de la gauche comme à la fin des années 1970, le Modem n’a pas à s'en méler.
Pour vous, tous les communistes restent des staliniens ?
Non. Certains évoluent. Mais encore une fois, on a des valeurs totalement opposées. Si le Modem accepte cette alliance avec le PC, on serait passé en trois ans du centre droit à une dérive gauchisante. C'est vraiment un grand écart politique !
Même si vous avez des divergences idéologiques avec les communistes, vous ne pouvez pas vous entendre avec eux sur un programme politique régional ?
Mais moi, je refuse qu’on distingue artificiellement le débat politique national qui devrait rester très idéologique alors qu’au niveau local, on ferait au contraire preuve de pragmatisme. Car une politique nationale, notamment en matière économique, doit aussi être pragmatique et une politique locale doit aussi se baser sur des valeurs. Bref, il faut rechercher un certain équilibre.
Pour vous, le Modem doit rester isolé politiquement ?
Au contraire. Depuis l’espoir né du bon score de François Bayrou au premier tour de l’élection présidentielle de 2007, on a assisté à une grande effervescence militante au Modem. Mais on a enregistré trois échecs électoraux : les législatives, les municipales et plus récemment les européennes. Donc il faut se poser des questions et trouver des solutions. Moi je croyais sincérement que le Modem pourrait être l’acteur principal d'une reconstruction du paysage politique. Mais les électeurs nous ont renvoyé dans les cordes. Ce qui veut dire que, seul, le Modem n'est pas assez fort.
Qu’est-ce que vous proposez ?
L’UMP est devenu une entité phagocytaire qui absorbe un à un ses opposants et cette absence d’opposition représente un grand danger pour la démocratie. Mais ce n’est pas pour cela qu’on doit créer un grand marigot gauchiste avec tout ce qui bouge en se prétendant anti-sarko. Ce qu’il faut, c’est un regroupement des consciences démocrates.